Hantavirus : une viralité 3 fois supérieure à celle du Covid à ses débuts  

Le sujet de l’hantavirus s’impose comme l’un des thèmes sanitaires les plus discutés sur les réseaux sociaux, avec plus de 4,4 millions de messages publiés, avec une moyenne de 449 128 publications par jour.

L’activité s’est fortement accélérée ces derniers jours, atteignant un pic le 7 mai dernier avec plus de 1,1 million de messages publiés en 24 heures, notamment à la suite des prises de parole de l’OMS sur le sujet.

Cette dynamique traduit un vrai emballement en ligne, où l’information circule rapidement et alimente des échanges massifs à l’échelle mondiale. À titre de comparaison, ce volume de conversations est près de 3 fois supérieur à celui observé lors des débuts de la pandémie de Covid-19 en février 2020 sur des périodes équivalentes.

En France, l’écho reste pour l’instant plus limité, avec 335 173 messages publiés.

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Le Covid en arrière-plan des discussions sur l'hantavirus    


En toile de fond, le Covid-19 continue de peser sur les conversations autour de l’hantavirus. Près de 15% des messages mentionnent directement la pandémie, signe que les comparaisons sont spontanées et structurent une partie des échanges en ligne.

L’analyse sémantique des discussions montre ainsi que l’hantavirus s’accompagne fréquemment de références au Covid-19, mais aussi à des termes liés à la contamination et aux dynamiques de propagation, notamment autour de cas évoqués sur des navires.

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Astroturfing : une viralité en partie artificielle autour de l'hantavirus

Dans l’analyse des conversations, un phénomène d’astroturfing, c’est-à-dire d’une manipulation artificielle de l’opinion en ligne à l’aide de faux comptes automatisés ou coordonnés, apparaît. Plusieurs comptes suspects publient parfois plus de 500 tweets par jour, contribuant à amplifier artificiellement le volume des échanges autour de l’hantavirus sur X.

L’étude des profils révèle plusieurs typologies : certains affichent des références explicites au mouvement MAGA de Donald Trump, d’autres présentent des comptes anonymisés sans photo ni biographie identifiable, tandis que d’autres relaient des messages très polarisés tels que « Stop aux mensonges et manipulations #antiwok » ou encore des formulations comme « so tired of all the ridulou bs we've experenciend the last few years ».

Désinformation et complotisme autour de l'hantavirus sur X

Certains messages analysés sur X notamment relèvent de dynamiques complotistes ou conspirationnistes. Ils reposent notamment sur des interprétations erronées ou sorties de leur contexte d’informations scientifiques, comme l’affirmation selon laquelle l’hantavirus ne serait “pas contagieux”, ou encore sur des réinterprétations pour suggérer des preuves cachées.

D’autres contenus s’inscrivent dans des récits d’influence ou de manipulation impliquant des acteurs politiques ou institutionnels, sans éléments factuels vérifiables. Certains messages détournent également des informations réelles pour alimenter des soupçons plus larges. Ces différentes formes de discours participent à la diffusion de narratifs complotistes dans les conversations en ligne autour du sujet, comme dans la sélection de 3 tweets ci-dessous.

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Les institutions reprennent la main sur l'information sur LinkedIn  

Du côté de LinkedIn, plus de 300 entreprises ont déjà pris la parole sur le sujet. Les institutions y occupent une place centrale, à l’image des Hôpitaux Universitaires de Genève, qui communiquent à la fois en français et en anglais sur leur page officielle. À la suite de l’identification de la souche Andes de l’hantavirus, l’établissement a notamment diffusé une vidéo de l’un de ses responsables de laboratoire de virologie, faisant le point sur la situation à bord du navire de croisière concerné, tout en relayant des analyses plus approfondies disponibles sur leur site.

D’autres acteurs institutionnels, comme le Ministère de la Santé, utilisent également LinkedIn pour diffuser leurs communications officielles, en relayant notamment leur communiqué de presse intitulé « Cas d’hantavirus à bord du navire MV Hondius : point de situation des autorités sanitaires françaises ».

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LinkedIn, un débat structuré entre institutions, experts et médias 

Sur LinkedIn, les prises de parole autour de l’hantavirus s’organisent en 4 grands ensembles de profils, où institutions, experts et médias structurent la circulation de l’information.

  • Les piliers institutionnels occupent une position centrale (en bleu ciel) et agissent comme principaux hubs d’information, avec notamment le World Health Organization, les Hôpitaux universitaires de Genève et l’ECDC (European Centre for Disease Prevention and Control, en vert)

  • Les chercheurs et leaders d’opinion constituent un second pôle influent, avec des personnalités dont l’audience dépasse le cadre académique, comme Alejandro Rojas-Fernandez (en vert) ou Vinod RMT Balasubramaniam (en orange)

  • Les relais médiatiques, tels que L’Express (en violet) ou la BBC (en rose), assurent la diffusion et la vulgarisation des principales actualités auprès du grand public

  • Enfin, des pôles académiques régionaux se distinguent, notamment francophones avec l’Université Paris Cité (en violet), et hispanophones avec l’Universidad del Desarrollo et l’Universidad San Sebastián (en bleu/gris et lila), illustrant une mobilisation internationale de la recherche

Cette cartographie montre une structuration des échanges autour d’un socle institutionnel et scientifique solide, complété par les médias et les communautés académiques. L’hantavirus apparaît ainsi comme un sujet à la fois scientifique, médiatique et de santé publique à dimension internationale.

 

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