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Tendances
03/11/2026
Marie Guyomarc'h
PR & Content Manager chez Visibrain
Inspiré de la campagne numérique menée par les soutiens de Luiz Inácio Lula da Silva au Brésil, le hashtag #OnBloqueLExtremeDroite a émergé en France avec un objectif clair : inciter les internautes à ne plus interagir avec les comptes de figures de l'extrême droite sur les réseaux sociaux afin de limiter leur visibilité. Rapidement relayé sur X et sur les autres plateformes, ce hashtag s'inscrit dans une stratégie de mobilisation numérique importée du Brésil et reprise par une partie de la gauche française. En quelques jours, il a généré plusieurs dizaines de milliers de publications avant de s'essouffler progressivement.
Visibrain, l’outil de veille des réseaux sociaux, décrypte l’écho de ce hashtag.
Le hashtag apparaît pour la première fois le lundi 26 octobre. Dès son lancement, il est utilisé 153 fois au cours de cette première journée. Son adoption s'accélère très rapidement : dès le lendemain, il atteint un premier pic avec 20 060 utilisations, comme le montre la timeline ci-dessous. La dynamique se maintient le jour suivant, avec 21 875 utilisations.
Après cette forte mobilisation initiale, le hashtag commence progressivement à perdre en intensité. Les volumes de publication diminuent au fil des jours, pour atteindre 1 900 utilisations le 1er novembre, illustrant l'essoufflement progressif de ce hashtag.

Lors de ses premières heures d'existence, le hashtag est majoritairement publié seul, sans texte d'accompagnement. De nombreux messages se limitent ainsi à la simple mention de #OnBloqueLExtremeDroite, sans commentaire supplémentaire.
Plusieurs comptes contribuent à amplifier sa visibilité en publiant à plusieurs reprises le même message, parfois jusqu'à trois fois, ou en retweetant leurs propres publications contenant le hashtag. Parmi ces comptes, certains affichent également le hashtag #LFI2027 dans leur biographie.
Quelques contre-exemples se distinguent toutefois. Le hashtag est parfois associé à l'actualité internationale, notamment à la situation au Brésil, dans des publications comme : « Comme au Brésil #OnBloqueLExtremeDroite ».
Plusieurs militants de La France Insoumise s'expriment à l'aide de comptes anonymes, sans photo de profil ni nom identifiable. Ils se distinguent notamment par l'utilisation de hashtags tels que #MelenchonArmy, #10milessoldatsmélenchon ou encore #FollowBackInsoumis, comme nous pouvons le voir dans le nuage des hashtags les plus utilisés (en violet).
L’actualité outre frontière au Brésil se retranscrit avec des hashtags tels que #exércitorinternacionaldolula ou encore #larméeinternationaledelula (en orange) :

Plusieurs figures médiatique et politique s’empare du sujet pour redéfinir les termes du débat sur X. Par exemple, Benjamin Goldnadel (avocat) ironise ce mouvement en affirmant que la gauche s’auto-isole (122 retweets). De son côté, le tweet de Jean Messiha (économiste) repose sur une stratégie d’opporsition idéologique face au rassemblement sous le hashtag #onbloquelextremedroite (124 retweets) :

Malgré son objectif affiché de s'opposer aux figures politiques d'extrême droite, le hashtag n’a pas eu d'effet mesurable sur les performances d'engagement des publications de personnalités telles que Marine Le Pen, Jordan Bardella, Éric Zemmour ou Sarah Knafo.
En comparant la semaine précédant le lancement du hashtag à celle qui suit son apparition, aucune baisse significative de l'engagement n'est observée pour ces quatre personnalités. Au contraire, certains indicateurs sont même en hausse. C'est notamment le cas de Marine Le Pen, dont les publications enregistrent un volume de retweets près de 4 fois supérieur à celui observé la semaine précédant le lancement du hashtag.
Comme sur X, la dynamique du hashtag #OnBloqueLExtremeDroite s'est progressivement essoufflée sur TikTok et Instagram. Après un pic de publications au moment de son lancement, son utilisation a rapidement diminué sur les deux plateformes.
Le hashtag a été principalement relayé par des comptes militants, mais il a également fait l'objet de détournements. Certains humoristes l'ont notamment repris dans des extraits de spectacles ou des vidéos publiées sur les réseaux sociaux, contribuant à élargir son usage au-delà du seul cadre militant.
Depuis sa création, le hashtag cumule plus de 10 millions de vues sur TikTok. Malgré cette visibilité, son utilisation est aujourd'hui en net recul : le nombre de publications est désormais 9 fois inférieur à celui observé lors de son pic de diffusion, aussi bien sur TikTok que sur Instagram. Une évolution qui confirme que l'essoufflement du mouvement ne se limite pas à X, mais s'observe sur l'ensemble des principales plateformes.
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