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À gauche, des figures de La France insoumise comme Mathilde Panot ou Louis Boyard, ainsi que plusieurs comptes influents de la gauche contestataire, reprennent également cette formule. Là encore, l'expression sert de support à une critique globale du pouvoir, mais le récit qui l'accompagne diffère.
Mathilde Panot l'utilise notamment pour dénoncer ce qu'elle présente comme des atteintes aux libertés publiques, Louis Boyard pour critiquer certaines orientations de l'action gouvernementale, notamment sur les questions sociales et les discriminations. D'autres figures de la gauche militante mobilisent cette expression pour aborder les sujets liés au racisme, aux discriminations ou aux violences policières.
Dans cet espace politique, « La France à Macron » devient ainsi un raccourci pour dénoncer un pouvoir perçu comme autoritaire, éloigné des préoccupations populaires ou accusé de rapprochements avec certaines thèses de l'extrême droite.

Au-delà des seules figures politiques, l'expression est également reprise par une grande diversité de communautés sur X. L'analyse des profils ayant utilisé cette formule montre une forte hétérogénéité des utilisateurs : de nombreux secteurs professionnels et univers sociaux apparaissent dans le nuage des professions recensées.
Parmi les communautés identifiées figurent notamment :
les profils issus des mondes académique et scientifique, avec des professions comme historien, sociologue, doctorant, économiste, chercheur ou politologue (en vert dans le nuage)
les sphères liées à l'enseignement et à la formation, regroupant notamment enseignants, professeurs et étudiants (en violet)
les communautés militantes (en orange)
les profils issus des métiers du numérique, avec des informaticiens, vidéastes, webdesigners ou monteurs (en rouge foncé)
les auteurs et acteurs du monde littéraire (en jaune)
les communautés liées aux médias, avec des journalistes, rédacteurs, chroniqueurs ou pigistes (en bleu)
les profils issus du monde artistique, notamment des comédiens et artistes (en lila)
les professions juridiques, avec des juristes et avocats (en rose)

Sur TikTok, la dynamique autour de l'expression est diamétralement différente. Elle est principalement réappropriée sur TikTok à travers les codes de l'humour, du détournement et du mème.
Depuis le mois de mars, l'expression cumule plus de 37,7 millions de vues et 65,1 millions d'impressions sur les vidéos qui lui sont associées. Ces volumes témoignent d'une diffusion massive, mais les usages observés révèlent une transformation de son sens : « La France à Macron » devient plutôt une formule humoristique permettant de commenter des situations du quotidien plutôt qu’un slogan politique.
Le nuage des hashtags associés illustre cette évolution. Plusieurs grandes thématiques émergent :
la dimension humoristique, avec les hashtags #humour, #meme ou encore #drole (en rose dans le nuage)
les dépenses liées à l'automobile, notamment le carburant, l'essence et le gasoil (en vert)
les questions d'inflation, de pouvoir d'achat et de niveau de salaire (en violet)
les sujets liés au travail, au chômage et à la recherche d'emploi (en orange)
des contenus autour de la canicule (en mauve)
les thématiques liées à la santé mentale (en jaune)
marques ou références commerciales, comme Lidl ou Tasty Crousty (en bleu clair)

Si les contenus publiés sur TikTok empruntent largement les codes de l'humour et du divertissement, les situations qu'ils mettent en scène renvoient souvent à des difficultés bien réelles. Les internautes utilisent l'expression « La France à Macron » pour raconter, avec ironie, des expériences liées à la précarité, à la hausse du coût de la vie ou encore aux difficultés du quotidien.
La plupart des vidéos s'appuient sur les codes propres à la plateforme : musiques virales, légendes humoristiques, mises en scène ou face caméra. L'expression est généralement intégrée pour illustrer la situation racontée. Dans d'autres cas, elle constitue le sujet même de la vidéo et devient le fil conducteur de cette dernière.
La sélection présentée ci-dessous, représentative des contenus les plus largement diffusés, illustre cette tendance. Plusieurs de ces vidéos dépassent le million de vues, témoignant de la forte viralité de ce format et de sa capacité à toucher un public bien au-delà des cercles politiques.

Comme dans de nombreuses tendances, certaines marques peuvent y être associées. C’est notamment le cas des 15 marques ci-dessous, représentant des secteurs variés allant de la grande distribution, aux enseignes spécialisées, au divertissement, aux salles de sport, ou encore d’enseignes de cosmétiques :
Leclerc
Action
Subway
Auchan
Canal +
Caudalie
Class pass
Domino’s
Intermarché
Netflix
Parfois
Pull&Bear
Sephora
Shein
YesStyle
Les enseignes de la grande distribution et de l'alimentaire constituent la catégorie de marques la plus représentée. Les vidéos qui les mentionnent portent principalement sur la hausse des prix, les réductions de quantité (l’expression aussi tendance de la « shrinkflation ») et le coût des courses.
Certaines vidéos deviennent virales en dénonçant certaines situations. C'est notamment le cas d'une vidéo totalisant plus de 580 000 vues, dans laquelle un internaute estime que le poids d'un paquet d'escalopes de poulet vendu chez Auchan ne correspond pas au poids affiché sur l'emballage :

À l'inverse, d'autres contenus mettent en avant des enseignes perçues comme permettant de réaliser des économies. Une vidéo consacrée aux cookies vendus par Subway est présentée comme un « bon plan » dans « la France à Macron », détournant l'expression avec humour pour évoquer les contraintes budgétaires des étudiants et des jeunes actifs.
Intermarché apparaît également dans plusieurs vidéos consacrées à l'évolution du prix des carburants. L'enseigne sert alors d'illustration concrète des difficultés liées à l'inflation :
Les marques de mode et de cosmétique occupent également une place importante dans les contenus associés à cette expression. Sephora est régulièrement citée dans des vidéos consacrées aux prix pratiqués en magasin. Certains créateurs expliquent, par exemple, repérer les produits en boutique avant de les acheter en ligne à moindre coût :
Shein apparaît également dans plusieurs publications où les internautes justifient leurs achats par les faibles prix proposés par la plateforme. L'expression « La France à Macron » est alors mobilisée pour mettre en scène les contraintes économiques auxquelles ils disent être confrontés, tout en légitimant le recours à des enseignes de fast fashion :